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Le journal de l’association

Dhan Bahadur Tamang au sommet de l’Everest

Prenez le temps de lire. Namaste

Je m’appelle Dhan BAHADUR TAMANG, j’ai 33 ans. Je suis né le 29 septembre 1988 à Chhiwa, dans le district de Solukhumbu, au Népal. C’est un petit village ancestral de 500 habitants, situé dans la région de l’Everest, à 1 900 mètres d’altitude. J’ai étudié jusqu’à l’équivalent du Baccalauréat français. Après avoir été diplômé, j’aurais voulu poursuivre mes études, mais malheureusement j’ai été contraint d’arrêter, mes parents n’avaient pas de revenus suffisant pour me permettre d’intégrer l’université.
Je suis né dans une famille de huit enfants; j’ai deux grands frères, une grande sœur, un petit frère et trois petites sœurs. Je me suis marié le 06 septembre 2013 et j’ai une fille qui est née le 07 février 2017 et un garçon qui est né le 03 octobre 2019.
Je suis le seul à avoir poursuivi mes études au-delà de l’école primaire.
Ma plus petite sœur n’a encore que 12 ans et étudie à l’école primaire de Chhiwa. Quand j’étais étudiant, à l’âge de 18 ans (en 2006), j’allais à Lukla (connu pour son aérodrome en pente et point de départ des treks pour Namche Bazaar et le camp de base l’Everest) pour travailler comme porteur pendant les saisons touristiques. Une fois mes études terminées, j’ai continué à porter pendant 7 ans dans l’ensemble des régions touristique du Népal. À l’âge de 18 ans, j’ai porté jusqu’à 60 kilos et plusieurs fois au-delà des 5 000 mètres d’altitude.
Mon père a été porteur pendant 25 ans (Jiri-Namche Bazzar) pour faire vivre notre famille et en particulier payer l’école de ses enfants. Seul et mal payé, c’était très difficile pour lui. Il rentrait à la maison seulement une fois par an, pendant un mois puis il repartait.
Ma mère s’occupait de nous et de la maison, nous apportions beaucoup notre aide. On partait dans la forêt chercher du bois et du foin pour les animaux avant de partir à l’école et quand nous n’avions pas cours, nous allions dans les pâturages avec les animaux.
Ce n’était pas une enfance facile mais nous trouvions de quoi nous amuser. Ma grande sœur, elle, n’est jamais allée à l’école, elle aidait notre mère.
Quand j’étais porteur, je voulais devenir guide de haute montagne. Seulement ce n’était pas facile pour moi parce que je n’avais personne pour m’aider. Je parlais très peu anglais, mais j’aimais beaucoup le pratiquer avec les touristes bien que les opportunités étaient très rares, puisque les porteurs ne devaient pas rester avec les clients.
La vie de porteur est vraiment dure ! C’est pourquoi j’ai souvent pensé à partir à l’étranger pour travailler comme mes frères et beaucoup de Népalais.

En 2012, j’ai essayé d’aller en Malaisie mais heureusement je n’ai pas obtenu de visa. Aujourd’hui, je suis vraiment content de ne pas être parti. Beaucoup de mes amis travaillent en Malaisie, en Arabie Saoudite, au Qatar, ou encore à Dubaï. Mes trois frères y ont déjà passés plusieurs années. La vie est vraiment dure là-bas. Beaucoup de Népalais partent dans les pays du Golfe pour travailler dans la construction. Les salaires y sont très faibles, il n’y a pas de sécurité et le visa est très cher. Sur place, on ne peut pas changer de travail parce que les compagnies qui embauchent confisquent les passeports… Quand j’ai appris les conditions de vie des Népalais dans ces pays, je n’ai plus jamais eu envie d’y aller et je me suis dirigé vers le secteur touristique népalais.
Depuis, de porteur j’ai été promu guide-assistant et en 2013 je suis devenu guide de trekking (accompagnateur). En tant que guide, j’ai suivi plusieurs entraînements dispensés par les institutions népalaises. J’ai aussi obtenu le niveau intermédiaire en français auprès de plusieurs programmes, dont celui de l’Alliance Française de Katmandou.
Depuis que je vis dans la capitale népalaise, j’organise des treks dans la plus-part des régions du Népal: l’Annapurna, l’Everest, le Langtang, le Mustang, le Dolpa, le Manaslu et bien autres.
J’ai réalisé l’ascension du « Island Pic » (6191 m) et du « Mera Pic » (6476 m) deux fois. Au cours de ces expériences variées, j’ai pu acquérir un très bon professionnalisme. Récemment, j’ai atteint le sommet de l’Everest (8 848,86 m) le 23 Mai à 8h25 et Labuche Pic (6 119 m), c’était mon rêve depuis mon adolescence et je suis très fier d’avoir réalisé mon rêve. 
En m’associant avec quelques-uns de mes compagnons , j’ai créé en 2014 une agence de trekking qui fonctionne bien, notamment avec des clients français. Un ami Anglais qui habite en France depuis longtemps avec sa famille, m’a aidé à financer la création de mon agence de trekking à Katmandou; grâce à son aide et sa gentillesse, ma vie a changé !

Le Yétibus remercie l’association Tenzin et Dolma Help Népal qui connaît très bien Dhan et qui viennent en aide au Népalais, avec leurs actions , énergie et surtout grand coeur et ce en toute humilité.

Vous pouvez les contacter et participer à leurs actions à dimension humaine.

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